Tout savoir sur la fourbure, l’EMS/dysrégulation de l’insuline et le PPID. Explications claires, infos actuelles et pratiques pour la santé du cheval.

Qu’est-ce que l’ertugliflozine peut apporter à mon cheval atteint de SME ?

Animal de sport à risque : surveillez glycémie, poids et fourrage pour limiter la fourbure et complications

L’ertugliflozine est un médicament utilisé pour traiter le diabète de type 2. Il fonctionne en empêchant les reins de récupérer le sucre dans le sang, ce qui entraîne une élimination plus importante du sucre par les urines. Cela soulage le pancréas, car il n’a pas à produire autant d’insuline.

Perte de poids et élimination d’eau

En éliminant du sucre par les urines, le corps brûle plus de calories, ce qui peut aider à perdre du poids. L’action diurétique du médicament, en augmentant l’élimination urinaire, contribue également à un léger effet hypotenseur.

Pour ceux qui souhaitent approfondir: l’ertugliflozine appartient à la classe des inhibiteurs des cotransporteurs sodium-glucose de type 2 (iSGLT2). D’autres molécules de cette famille, telles que la canagliflozine [1] (en utilisation off-label sous la marque Invokana™) et la velagliflozine (Senvelgo™, un médicament pour les chats atteints de diabète), ont également fait l’objet d’études chez le cheval.

Pour quels chevaux ?

Si vous avez vraiment (!) tout essayé pour améliorer l’alimentation et l’activité physique de votre cheval et que cela ne suffisent toujours pas à réguler la glycémie, les niveaux d’insuline et le poids corporel, votre vétérinaire pourra envisager de lui prescrire de l’ertugliflozine.

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Prenons l’exemple d’un cheval souffrant d’une fourbure sévère associée à un SME/ID, avec une obésité importante, dont la mobilité est fortement restreinte par la douleur, même avec des hipposandales thérapeutiques. Une étude de 2022 a montré des résultats remarquables chez des chevaux présentant ce profil, qui étaient boiteux depuis plusieurs mois et ne répondaient pas aux adaptations alimentaires et à l’exercice. Certains de ces chevaux ont même retrouvé une mobilité suffisante pour galoper dans les prés. Leurs taux d’insuline ont diminué en moyenne de sept fois et leur score de boiterie sur l’échelle Obel modifiée a chuté de 9,7 à 1,3 [2]. Les chercheurs n’ont pas encore d’explication à ce dernier résultat, mais il s’agit indéniablement d’une excellente nouvelle.

Inconvénients

Chez l’homme, l’utilisation de ce médicament est associée à un risque accru d’infections urinaires, en raison de la concentration élevée de glucose dans les urines qui favorise la prolifération bactérienne. De plus, son effet diurétique peut entraîner une déshydratation. Bien que ces effets n’aient pas encore été formellement étudiés chez le cheval, une augmentation de la consommation d’eau et de l’excrétion urinaire (polydipsie et polyurie) a été observée chez certains chevaux traités [2].

Hyperlipidémie

Les taux de lipides sanguins (graisses dans le sang) augmentent au cours du premier mois de traitement. Ce phénomène est particulièrement indésirable chez les chevaux atteints de syndrome métabolique équin (SME) et d’hypertriglycéridémie (une forme spécifique d’hyperlipidémie). Heureusement, ces taux diminuent par la suite et aucun signe clinique associé à cette anomalie n’a été observé chez les chevaux dans cette étude [2].

Effets secondaires graves des iSGLT2

Cependant, chez certains chevaux, les effets secondaires des inhibiteurs des SGLT2 sont plus sévères. Des cas ont été rapportés où les taux de triglycérides étaient très élevés (< 40 mmol/L), les enzymes hépatiques étaient augmentés, ainsi que les acides biliaires. Cette combinaison d’anomalies hématologiques peut suggérer une dysfonction ou une lésion hépatique. Des analyses de sang régulières sont recommandées pour surveiller ces valeurs sanguines. L’insuffisance rénale aiguë est un effet secondaire reconnu chez l’homme. Bien que les données manquent chez les chevaux, cette possibilité ne peut être écartée [3]

Les chevaux dont on a parlé ont également développé des complications supplémentaires telles qu’une apathie, une perte d’appétit, une congestion gastrique, une paralysie des cordes vocales (ou ‘cornage‘) et, dans certains cas, le décès [4]. Par conséquent, l’utilisation d’e ‘iSGLT2 est fortement déconseillée chez les chevaux souffrant de problèmes hépatiques ou d’hyperlipidémie.

Fourbure chez poney : contrôle strict de l’alimentation, foin adapté et visites régulières du vétérinaire
(photo : Jaclou-DL)

Off-label

En l’absence de formulation vétérinaire spécifique, les vétérinaires peuvent prescrire ce médicament à usage humain. Cette pratique est appelée utilisation hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) ou off-label. Cependant, peu de vétérinaires optent pour cette solution en raison du manque d’études scientifiques étayant l’efficacité et la sécurité de l’ertugliflozine chez le cheval, ce qui les rend réticents à le prescrire.

Pour être sûr et éviter tout malentendu : Il est important de souligner, comme le précisent les auteurs des trois études citées, que les inhibiteurs du SGLT2 ne se substituent jamais à une alimentation adaptée et à un exercice régulier. Ces mesures fondamentales doivent toujours être mises en œuvre avec rigueur et persévérance.

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