Tout savoir sur la fourbure, l’EMS/dysrégulation de l’insuline et le PPID. Explications claires, infos actuelles et pratiques pour la santé du cheval.

Voici les trois types de fourbure

La fourbure est un terme générique qui décrit les effets destructeurs au stade final de plusieurs processus pathologiques spécifiques. En soi, ce terme indique simplement que la connexion entre la paroi du sabot et l’os du pied est endommagée.

Trois types de fourbure

Il existe toute une liste de causes possibles. Nous pouvons répartir ces causes en trois groupes, ce qui nous donnera trois types de fourbures : 

  • La fourbure liée à un problème hormonal
  • La fourbure liée à un SRIS
  • La fourbure traumatique

Veillez à bien les distinguer

Ces trois types sont souvent mis dans le même sac. À cause de cela, on risque d’établir un mauvais diagnostic, d’appliquer le traitement incorrect et de ne pas obtenir les résultats escomptés. Sur les réseaux sociaux, on lit des messages décrivant une forme spécifique de fourbure suivis de conseils bien intentionnés mais ne s’appliquant absolument pas au type de fourbure concerné. Si le propriétaire suit ces conseils sans réfléchir, le cheval peut en faire les frais. Il faut donc être capable de bien faire la différence.

La fourbure liée à un problème hormonal

On peut la surnommer « la fourbure des gros ». Elle est la plus courante. Dans quatre cas sur cinq (80%), il s’agit d’une telle fourbure. Comme son nom l’indique, elle est due à un trouble hormonal. La cause principale est le syndrome métabolique équin (SME). Par ailleurs, cela peut également résulter d’une administration prolongée de corticostéroïdes.

corticosteroides cheval
L’administration prolongée de corticostéroïdes peut contribuer au développement ou à l’exacerbation de la fourbure liée aux hormones
(photo : http://nerdfon.de/kortikosteroide-pferd.php)

Une autre appellation de cette forme est la « fourbure endocrinopathique ». Une endocrinopathie est une maladie causée par un dysfonctionnement des glandes hormonales. En réalité, la fourbure provoquée par des corticostéroïdes n’entre donc pas dans cette catégorie.

La fourbure liée à un SRIS

On peut la surnommer « la fourbure des chevaux malades ». SRIS est l’abréviation de Syndrome de Réponse Inflammatoire Systémique. Ce qui signifie qu’il y a un état inflammatoire généralisé entraînant une libération de toxines dans le sang. Ces toxines provoquent la fourbure. Elles peuvent être la conséquence d’inflammations et d’infections, de problèmes digestifs, être propres à l’organisme ou l’avoir pénétré depuis l’extérieur.

eau contaminee
Les eaux de surface contaminées peuvent provoquer la fourbure

Une autre appellation de cette forme est la « fourbure liée à une septicémie », notamment lorsque des bactéries ou des produits bactériens pénètrent dans la circulation sanguine. La septicémie est une réaction inflammatoire de l’organisme à une infection, si sévère qu’elle entraîne des lésions tissulaires; en l’occurrence du tissu du sabot.

La fourbure traumatique

On peut la surnommer « la fourbure des chevaux boiteux ». La cause en est un manque d’oxygène au sein des tissus du sabot. Cette carence en oxygène résulte d’une surcharge ou d’un déséquilibre prolongé des sabots. Cette fourbure traumatique est également appelée fourbure mécanique. La surcharge des sabots peut être causée par :

  • Un parage incorrect ou des problèmes de pieds (talons fuyants, barres trop longues, pince trop longue)
  • Un poser du pied en pince (provoqué par une douleur dans une autre partie du pied ou du corps. Pense par exemple au syndrome naviculaire ou à un abcès)
  • La ferrure
  • Lorsque le cheval marche souvent sur la route (chevaux attelés, chevaux de la police)
  • Le surpoids
  • La vie en box
  • Pour soulager une douleur (après une opération par ex.)
Gestion quotidienne du cheval réduit les récidives de fourbure
Triplement du risque de fourbure traumatique : marche prolongée sur la route, mauvaise forme du sabot, ferrage sur quatre pieds
(photo : Arthur Hinton)

Un cheval souffrant d’une fourbure traumatique est également qualifié de « fourbu mécanique ». Une autre appellation est la « fourbure du membre porteur ». Il s’agit d’une situation spécifique où le cheval surcharge un membre pour soulager un autre.

Comment puis-je savoir à laquelle des trois j’ai affaire ?

Pour ces trois types de fourbure, on observe les mêmes signes cliniques, à savoir une élévation de la température du pied, un refus de se déplacer, un report du poids sur l’arrière-main et de l’apathie. Comment savoir maintenant de quel type de fourbure ton cheval souffre ?

SRIS

Il faut commencer par te demander ce qui s’est passé avant que la fourbure ne se déclare. Si ton cheval a réussi à accéder à la réserve de nourriture pour se gaver de concentrés riches en sucres, tu peux être sûr qu’il s’agit d’une fourbure liée à un SRIS. C’est aussi le cas si tu sais que ton cheval souffre d’une maladie infectieuse (la grippe par ex.) ou d’une inflammation (à l’œil par ex.). 

Problème hormonal

Si ton cheval est fourbu seulement en regardant l’herbe pousser, pense alors plutôt à une fourbure liée à un problème hormonal. Il réagit de façon anormale aux sucres. Chez ce type de chevaux, on observe souvent les signes caractéristiques d’une résistance à l’insuline, comme une encolure épaissie. Ils ont souvent un score élevé lorsqu’on fait l’évaluation de leur état corporel.

Prévention chez poney rustique : pâture limitée et contrôle du poids
Attendre la fourbure ?
(photo : Chad Stembridge)

PPID

Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, le PPID (anciennement connu sous le nom de maladie ou syndrome de Cushing) ne provoque pas directement la fourbure. Deux chevaux sur trois ayant reçu un diagnostic de PPID présentent également un SME. C’est ce dernier qui est à l’origine de la fourbure chez eux.

Chez un cheval sur cinq atteint de PPID, le métabolisme du cortisol est perturbé. Cela peut toutefois jouer un rôle dans l’apparition ou l’aggravation de la fourbure. Étant donné que cela correspond, dans les grandes lignes, à ce qui se produit lorsque le cheval reçoit des corticostéroïdes sur une période prolongée, nous n’aborderons pas davantage cette cause ici. Dans ce livre, vous en apprendrez tous les détails:

Surcharge

Si tu ne trouves aucun lien avec la nourriture, il se peut qu’il y ait une surcharge et que la fourbure soit traumatique. Il faut alors penser au mode d’hébergement, au surpoids, ou au report de poids après une opération pour avoir moins mal. Les chevaux utilisés pour une pratique sportive intensive de l’endurance, du reining ou de l’obstacle sont plus à risque que d’autres. Un mauvais parage ou ferrage peuvent également entraîner une fourbure traumatique. 

Que pouvons-nous observer ?

Une différence essentielle et facile à constater est que dans le cas d’une fourbure liée à un SRIS, le cheval a l’air malade et il a de la fièvre et une diarrhée liquide. Les toxines circulent dans son sang et tout son organisme en souffre. Ce n’est pas le cas pour les deux autres types. Et ton vétérinaire peut identifier les différents types à partir d’une prise de sang. Pour avoir la confirmation d’une fourbure liée à un problème hormonal, il va examiner si les taux de certaines hormones comme l’insuline, le cortisol, l’ACTH, sont anormaux. En cas de fourbure liée à un SRIS, il constatera une élévation des globules blancs et des anticorps. 

L’une n’exclut pas l’autre

Il serait rassurant de penser que ces trois formes de fourbure s’excluent mutuellement. Mais ce n’est malheureusement pas ainsi que fonctionnent les choses. Il existe souvent des recouvrements, et ils s’influencent également les uns sur les autres. Toutes trois affaiblissent la connexion lamellaire.

Exemple : traumatique et lié au SIRS

Chez un cheval présentant par exemple un syndrome Hi-Low, la connexion lamellaire d’un ou des deux antérieurs est déjà de qualité moyenne. Nous pourrions même parler de fourbure mécanique subclinique. Si ce cheval développe ensuite une infection sévère ou une colique, les toxines libérées peuvent déclencher une fourbure liée au SIRS. Les deux causes se cumulent et le résultat est un cheval fourbu.

Syndrome Hi-Low : situation dans laquelle le talon d’un antérieur est plus haut et plus abrupt que celui de l’autre, associé à un pied court et un autre plus long et étiré.

Définition et cause : syndrome Hi-Low chez le cheval provoquant une asymétrie et une charge inégale des sabots, avec risque de douleur et de problèmes podaux.
Syndrome Hi-Low
(photo : Jacques Bopp)

Exemple : hormonal et traumatique

La fourbure d’origine hormonale passe souvent inaperçue en raison de son début insidieux, plus encore que les deux autres formes de fourbure. Des dommages au niveau cellulaire sont généralement déjà présents depuis un certain temps. Si un cheval dans cette situation subit une blessure à un pied, il va surcharger l’autre membre. Le pied dont la connexion lamellaire est déjà de moindre qualité. L’hypoxie provoquée par cette surcharge fait alors basculer le cheval au-delà du seuil critique. Il devient fourbu.

Risque et cause : la fourbure chez le cheval peut être grave en cas de blessures, de lésions ou de complications postopératoires, avec risque vital.
Le risque de fourbure est ici particulièrement élevé si la connexion lamellaire est déjà affaiblie

Faites toujours appel au vétérinaire

Quelle que soit la forme de fourbure concernée, il est essentiel de garder à l’esprit qu’il s’agit d’une maladie aux conséquences potentiellement graves. C’est pourquoi vous devez toujours faire appel au vétérinaire si vous suspectez que votre cheval est fourbu.

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